• Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Bientôt 100 % des porteurs du HIV dépistés?

Matilu Mwau présentant ses travaux sur les auto-tests contre le SIDA lors du congrès de l'IAS en 2017 à Paris ©Anthony Audureau

La diffusion en Afrique d'auto-tests permettant de diagnostiquer soi-même son infection, ou non, par le virus du Sida permet de toucher des populations réticentes à aller faire des analyses dans les centres de santé.

Que 90 % des personnes infectées par le virus du SIDA soient informées de leur contamination d’ici à 2020 : tel est l’objectif que s’est fixé en 2014 le programme des Nations-Unies pour le VIH (Onusida). Pour y parvenir, l'organisation compte sur l'arrivée depuis quelques années de tests d’auto-dépistage. Un premier bilan de l'utilisation de ceux-ci a été discuté lors du congrès de l’International AIDS Society (IAS) à Paris, du 23 au 27 juillet 2017.

Une piqure sur le doigt ou encore un échantillon de salive suffisent. À l’aide des auto-dépistages du virus du Sida, en quelques minutes, voire quelques secondes pour certains, le résultat est entre les mains du patient. Ce test, à faire chez soi, rassure certaines personnes. Par exemple, une étude menée en Zambie chez les travailleuses du sexe a montré que 99 % des 325 femmes ayant pris part aux tests ont accepté de le faire à condition d’être seules dans la salle.

Des cibles bien identifiées

Une manière de faire, plus privée, qui permet d’atteindre une frange de la population réticente à se faire dépister dans les centres de santé. En Afrique du Sud, Médecins Sans Frontières (MSF) a conduit une étude dans deux cliniques publiques. L’une réservée aux femmes, l’autre mixte. Les médecins demandaient aux patients s'ils étaient intéressés par ce dépistage à faire chez soi. Sur les 774 propositions, 655 ont été accepté, dont 95 % par des femmes. Les testés devaient ensuite communiquer leur résultat aux médecins par SMS.

La majorité des études présentées lors du congrès de l'IAS fonctionnaient d’après un processus similaire. Elles ont permis de révéler plusieurs cibles ayant particulièrement bien réagi à la proposition d'auto-tests : les travailleuses du sexe en Zambie ou au Zimbabwe, les femmes en Afrique du Sud (seulement 5 % d’hommes parmi ceux qui ont accepté le test), mais aussi les plus jeunes, entre 15 et 25 ans, au Kenya ou au Royaume-Uni.

Réussir le suivi des personnes séropositives

Et ce n'est pas réservé à l'Afrique : l'étude menée au Royaume-Uni a démontré que 19 % des personnes ayant accepté ce test n’avaient jamais été dépistées auparavant. Ces tests permettraient donc de résoudre en partie le problème dit du « dernier kilomètre », sans pour autant remplacer complètement les tests traditionnels (une prise de sang et des cultures de virus plus longues), nécessaire dans tous les cas pour confirmer le diagnostic.

L'efficacité de ces auto-tests fait toutefois face à deux difficultés importantes. D'abord, le fait qu'une part importante des personnes qui les utilisent ne communiquent pas les résultats aux médecins. Cela a été le cas de 29 % des personnes testées dans l'étude menées par MSF en Afrique du Sud notamment. Que le résultat soit positif ou négatif, il ne peut donc pas être confirmé, et le suivi des patients infectés n’est pas assuré. Personne ne semble avoir aujourd'hui de stratégie efficace pour remédier à cette difficulté.

Un coût qui fait débat

Ensuite, le coût des campagnes de prévention utilisant ce type de dépistage fait débat. Lors du congrès de l'IAS, Matilu Mwau, du Kenya Medical Research Institute, s'est ainsi inquiété du coût du test pour les patients eux-mêmes : « prenez le test INSTI (qui s’effectue en poinçonnant le doigt). Il coûte deux dollars. Au Kenya et en Afrique, beaucoup ne peuvent pas se le permettre ».

Toutefois, selon Ann Moore de MSF, ces campagnes ne seraient pas plus coûteuses que les campagnes classiques. Et plusieurs programmes ont été mis en place pour mettre à disposition des auto-tests gratuitement ou à coût très réduit. Unitaid (agence internationale chargée de faciliter l’accès aux médicaments dans certaines régions du monde) a ainsi annoncé pendant le congrès de l’IAS le lancement de la deuxième phase du projet HIV Self-testing Africa (STAR), qui a été lancé en 2015 et qui prévoit à terme de déployer gratuitement 5 millions d’auto-tests en Afrique Australe, zone où se produiraient 43 % des nouvelles contaminations chaque année selon cette organisation.

Anthony Audureau

0
0
0
s2sdefault

A propos

Afriscitech, toute la science dans toute l'Afrique.

Suivez l'actualité de la recherche scientifique et technologique en Afrique.

Bientôt :

Trouvez les universités, les laboratoires, les entreprises, les chercheurs et tous les autres acteurs de la recherche sur le continent grâce à l'annuaire.

Améliorez vos connaissances fondamentales et révisez vos examens grâce à nos articles.

Découvrez les métiers accessibles avec des études de science.

Qui nous sommes

Afriscitech.com est édité par Coopetic Medias, agence de presse à structure coopérative.

L'équipe est constituée de :

- Luc Allemand, rédacteur-en-chef

- Anthony Audureau, rédacteur

Nous contacter

Addresse : Afriscitech - Coopetic Medias
7 rue de Palestro 75002 Paris France
Email : contact@afriscitech.com

Top
We use cookies to improve our website. By continuing to use this website, you are giving consent to cookies being used. More details…