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À Diffa, l’Université lutte contre le terrorisme

Ali Mahamane, recteur de l'Université de Diffa, lors de l'ouverture du Symposium international en mai 2017 ©Université de Diffa

Mettre l’université au cœur des problèmes de société, y compris lorsqu’il s’agit de terrorisme, c’est le choix fait par le Niger dans la région de Diffa. Alors que le bassin du lac Tchad est toujours secoué par les assauts de Boko Haram, l’université de cette ville s’investit pour la paix et la stabilité de la zone.

« Aujourd'hui, les éléments de la secte Boko Haram sont affaiblis, donc ils sont en train de faire leur dernier baroud d'honneur », expliquait le 5 juillet dernier à RFI Dano Mahamadou Laoualy, gouverneur de la région de Diffa, au Niger, à la suite d’une attaque du groupuscule qui avait tué 9 personnes. Toutefois, anticiper la fin du groupe terroriste, nécessite aussi de préparer la déradicalisation et la réinsertion de ses combattants. Pour y parvenir, les pouvoirs publics de la région s'appuient sur les ressources de l’Université de Diffa. Cette dernière a notamment organisé un symposium international sur le sujet en mai 2017.

L’Université de Diffa a été confrontée au terrorisme dès sa création. Début février 2015, la ville , au sud-est du Niger sur la frontière avec le Nigeria, était soudainement prise d’assaut par les forces de Boko Haram. C’est également à ce moment, le 6 du mois, que l’université commençait à s’installer dans ses nouveaux locaux, quelques temps avant le début des inscriptions pour les étudiants. Une coïncidence qui a marqué profondément le lieu puisqu'il est aujourd’hui très investi dans la lutte pour la déradicalisation des jeunes embrigadés par Boko Haram, ainsi que pour le maintien de la paix dans la région.

Une université dynamique

Un an seulement après l’attaque, l’Université a accueilli son premier « Colloque international sur la culture de la paix dans le Bassin du Lac Tchad ». Le mot «international » de l'intitulé n'était pas qu'une figure de style. Les intervenants provenaient en effet de nombreuses universités africaines, et pas seulement de la région du Lac Tchad. Des ambassades étrangères étaient également représentées, notamment celles de la France et des États-Unis.

L'université a ensuite aidé à la mise en place de plusieurs événements. Elle a conclu des partenariats, tel un workshop ayant pour sujets le retour des combattants terroristes étrangers ou encore la réinsertion des délinquants extrémistes à Lagos, au Nigeria. Certains de ses professeurs ont également été conviés à des rencontres sur le terrorisme un peu partout en Afrique, ainsi qu’aux États-Unis. Et le « Symposium international sur la déradicalisation des jeunes et la réinsertion des repentis de Boko Haram », organisé à Diffa en mai 2017 a réuni des chercheurs spécialiste du terrorisme de Colombie ou encore d’Afghanistan.

Une spécialisation en évolution

Cette université n’était pourtant pas destiné à se spécialiser dans l’anthropologie ou dans la sociologie du terrorisme. Elle avait été avant tout bâtie pour développer des enseignements en écologie et en agronomie. Toutefois, cette évolution semble logique pour Ali Mahamane, son recteur. L’un de ses objectifs est d’ailleurs « de plaider à la création d’un Institut International pour La Paix, le Dialogue et le Développement » au sein de son établissement.« L’un des rôles de l’université est la prise en charge des problèmes de la société » soutient-il dans son compte rendu du symposium international.

Il corrèle notamment l’engagement des jeunes dans le terrorisme avec le peu d’espoir d’avoir un avenir brillant. En cause en particulier, l’accès à l’éducation, difficile au Niger, où le taux de scolarisation n’est que de 14,4% pour les garçons et 9,6% pour les filles dans le secondaire entre 2008 et 2012 selon les chiffres de l’UNESCO (la moyenne du continent africain est de 33%). A Diffa, la situation est encore compliquée par l'isolement : il faut près de deux jours pour rejoindre Niamey, la capitale ; et l’accès à internet reste limité.«Il faut résorber le désoeuvrement des jeunes qui ne seront plus tentés par des aventures aux lendemains incertains », précise Ali Mahamane.

L’objectif du recteur et de son université est donc de lancer un cercle vertueux dans la région : former des jeunes, qui vont ensuite diffuser leur savoir à d’autres, de manière à encourager le taux de scolarisation. Certains projets devraient d’ailleurs voir le jour suite au symposium international de mai dernier. Utilisant ses ressources en agronomie, l’université va par exemple proposer de mettre en place un incubateur de fermes expérimentales, pour inciter les jeunes à se lancer dans l’entreprenariat.

Anthony Audureau

 

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