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Un traitement contre la fièvre de Lassa ?

Les rats pluri mammaire, Mastomys natalensis, sont les principaux vecteurs de la fièvre de Lassa, virus contre lequel il n'y a pas encore de traitement efficace ©Wikipedia

Une nouvelle combinaison médicamenteuse contre la fièvre hémorragique de Lassa vient d'être testée avec succès chez des singes. C'est l'espoir d'obtenir un traitement efficace chez l'homme pour cette maladie endémique en Afrique de l'ouest que l'on soigne aujourd'hui très mal.

Alors que les épidémies d’Ebola « ralentissent » selon le dernier rapport de l’ONU sur cette maladie, c’est la fièvre de Lassa qui inquiète. Cette maladie reste moins meurtrière qu'Ebola, mais elle a déjà montré qu’elle pouvait se développer en dehors de sa zone endémique qu’est l’Afrique de l’Ouest, et notamment le Nigéria. Surtout, aucun traitement efficace n’existe. Une piste pour remédier à cette situation vient toutefois d’être validée chez le singe.

Plus de 300 000 personnes sont contaminées par an par le virus de Lassa en Afrique de l’Ouest. Celui-ci provoque une fièvre hémorragique pouvant devenir mortelle. Elle est transmise lorsque les humains sont en contact avec une espèce de rongeur : le rat plurimammaire. Ce rat est présent dans toute l’Afrique de l’Ouest, et entraine donc des contaminations dans plusieurs pays comme le Bénin, le Nigeria, la Sierra Leone ou encore le Liberia.

Alors qu’il était admis depuis quelques années que sur les 300 000 cas annuels, 3 000 à 5 000 personnes décèdent, l’OMS a relevé 273 cas au Nigéria, dont 149 mortels entre août 2015 et mai 2016, soit près de 50 % de mortalité. Une virulence inquiétante.

Le traitement actuel insuffisant

Parmi les causes de celle-ci, l'absence de traitement efficace. Le seul traitement disponible aujourd’hui, la ribavirine, utilisée aussi pour soigner l’hépatite C, ne satisfait pas les spécialistes sur le terrain. Ce médicament doit en effet être administré très rapidement aux patients, dans les six premiers jours de l’évolution clinique.

C'est trop court : « l’implication du virus Lassa n’est souvent envisagée que plusieurs jours après l’apparition des symptômes » explique l’Institut Pasteur sur son site web. En fait, une moyenne de huit jours après le début de l’infection. Il est donc trop tard pour soigner correctement les personnes infectés.

Un nouvel espoir ? 

Une étude menée par des scientifiques américains et sierraléonais donne cependant de l’espoir. Ces chercheurs ont en effet testé avec succès la combinaison de trois anticorps monoclonaux humains chez le macaque. Le virus humain déclenche chez cette espèce des symptômes similaires, et peut aussi causer la mort. Les 48 singes infectés par la fièvre ont survécu grâce à ce traitement, même lorsqu'il a commencé à être administré plus de huit jours après la contamination.

Les anticorps sont des protéines produites par le système immunitaire. Ils repérent les agents pathogènes, tels les virus, ce qui conduit à leur destruction. Les anticorps monoclonaux humains sont des clones de ces anticorps, à la différence qu’ils sont programmés pour agir envers un seul type de molécules, en l’occurrence les glycoprotéines du virus de Lassa.

« Ces résultats montrent que le traitement peut être efficace pour des patients en Afrique de l’Ouest, qui arrivent souvent en soin à un stade avancé de l’infection » explique Robert Garry, l’un des membres de l’équipe, de l’Université Tulane, aux États-Unis. Les auteurs proposent donc de développer ces anticorps humains, en les prélevant chez des patients convalescents de la fièvre.

Les obstacles du financement

Mais il reste encore beaucoup d’étapes avant que cette solution puisse être utilisée sur le terrain. « Tout dépend des financements, explique Thomas Geisbert, de l’Université du Texas et également membre de l’équipe. Il n’y a pas de réelle incitation financière pour les groupes pharmaceutiques pour ce genre d’agents pathogènes comparativement aux traitements pour les problèmes cardiaques ou le cancer ».

En outre, même si les financements adéquats étaient à disposition, il faudrait plusieurs années, avant d’adapter les anticorps pour le métabolisme du corps humain, bien différent de celui des macaques. À ce temps de recherche, il faut ajouter les tests pour s'assurer que le traitement est applicable sur le terrain. Pour le moment, la priorité pour les services de santé reste donc le contrôle de l’épidémie, en soignant le plus vite possible les malades et en développant la prévention.


Anthony Audureau

Référence : C. Mire et al.Nature Medecine, doi:10.1038/nm.4396, 2017.

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