Institutions

Hépatite B : mieux identifier les patients éligibles au traitement en Afrique

Des particules du virus de l'hépatite B (orange) sont visibles sur cette image en microscopie électronique à transmission. Les virions ronds ont un diamètre de 42 nanomètres. /CDC/ Dr. Erskine Palmer

Des chercheurs de l’Institut Pasteur à Paris et de l’Institut Pasteur de Dakar ont mis au point une méthode d’identification simple et performante des patients que l'on pourrait traiter contre l'hépatite B.

En 2016, l’OMS a mis en place une stratégie ambitieuse pour éliminer l’hépatite B et étendre à 80 % le nombre de patients traités d’ici à 2030.

Les patients porteurs chroniques de l’hépatite B peuvent être diagnostiqués grâce à un test simple et peu onéreux qui détecte l’antigène HBs, un marqueur d’infection. Trois index sont utilisés actuellement pour sélectionner parmi ces patients ceux qui sont éligibles au traitement : l’inflammation hépatique par un test biochimique, la fibrose hépatique par fibroscan et la charge virale par PCR. Dans de nombreux pays à ressources limitées, ces méthodes coûteuses, en particulier la PCR, constituent un obstacle à la mise en place des programmes de traitement.

Dans un article publié dans le Journal of Hepatology, des chercheurs de l’unité d’Épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur de Paris en partenariat avec l’Imperial College de Londres et l’Institut Pasteur de Dakar présentent un nouveau score qui permet d’identifier simplement les patients éligibles au traitement.

Grâce à un modèle statistique, les chercheurs ont sélectionné parmi les marqueurs diagnostics ceux qui étaient significativement associés à l’éligibilité au traitement. Deux marqueurs se sont distingués : l’antigène Hbe (marqueur de réplication virale) et le taux d’alanine amino transferase (ALAT), un marqueur biochimique.

« Ces deux marqueurs sont facilement accessibles dans tous les hôpitaux en Afrique. Nous les avons validés grâce à des données indépendantes provenant de cohortes de patients en Gambie, au Sénégal, au Burkina Faso et de patients africains vivant en Europe », explique le Dr Yusuke Shimakawa, de l’unité d’Épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur.

Avec une sensibilité de 85% et une spécificité de 77%, les performances de cette nouvelle méthode d’identification des patients éligibles au traitement contre l’hépatite B sont supérieures aux performances du celle actuellement recommandé par l’OMS (respectivement 90% et 40%).

A présent, l’objectif est de faire valider ce score par des investigateurs externes sur d’autres sites d’études. « L’OMS pourrait recommander l’utilisation de ce score dans les cas où les structures de soins n’ont pas accès aux méthodes diagnostiques actuellement préconisées », conclut le Dr Yusuke Shimakawa.

Le virus de l’hépatite B reste aujourd’hui un problème majeur de santé publique. On estime que 257 millions de personnes vivent avec une infection par le virus de l’hépatite B dans le monde.

Référence : Y. Shimakawa et al., Journal of Hepatology, 69, 776, 2018.

Cet article a été rédigé et publié par l'Institut Pasteur.

A propos

Afriscitech, toute la science dans toute l'Afrique.

Suivez l'actualité de la recherche scientifique et technologique en Afrique et par les africains.

Qui nous sommes

Afriscitech.com est édité par Coopetic. L'équipe est constituée de :

- Luc Allemand, rédacteur-en-chef

- Anthony Audureau, rédacteur

- Sampson Adotey, Jr, éditeur langue anglaise

Search