Politique

Moins d’africains dans les universités françaises

La Sorbonne, l'une des principales universités françaises ©Wikipedia

Attirer les étudiants et les scientifiques étrangers est considéré comme la preuve d’une bonne forme du système universitaire national, quel que soit le pays. La France, premier pays d'accueil des étudiants africains expatriés doit-elle s'inquiéter de la baisse de leur nombre dans ses universités?

"Scientifiques, venez travailler avec nous”, lançait le 2 juin dernier Emmanuel Macron, quelques semaines après son élection à la présidence de la République Française. Cet appel voulait répondre à la décision du président des États-Unis Donald Trump de quitter l'Accord de Paris sur le climat et de limiter la recherche dans ce domaine. Sauf qu'attirer des scientifiques ou des étudiants en France n’est pas chose aisée. Ainsi, selon un récent rapport publié par Campus France, les étudiants africains sont de moins en moins nombreux à venir dans le pays./span>

Ils étaient 42 988 étudiants d’Afrique subsaharienne à entrer en France pour étudier en 2015 : 10,7 % de moins qu’en 2009. Et ce, alors que le nombre de jeunes de la région qui s’expatrient pour leur scolarité est en hausse constante (12 % d’augmentation entre 2013 et 2015). La France reste toutefois le premier pays d’accueil des étudiants africains expatriés, devant les États-Unis et l’Afrique du Sud.

Au-delà de la France elle même, c’est toute la francophonie qui est touchée. La proportion de pays francophones parmi les pays qui accueillent des étudiants africains est en baisse, de 37 à 34 % entre 2009 et 2015. De plus, la francophonie peine à retenir ses propres ressortissants. Les étudiants originaires de pays francophones ne sont en effet que 61% à se rendre dans un pays également francophone, tandis que 68% des étudiants anglophones choisissent un pays de la même zone linguistique.

Une compétition accrue

Ces résultats n’inquiètent pas outre mesure l’Agence Universitaire de la Francophonie. Pour Jean-François Lancelot, en charge de la Direction Veille-Innovation-Expertise, « il y a une compétition qu’il n’y avait pas forcément avant entre les pays. L’Allemagne par exemple, qui est une puissance économique dont on parle beaucoup, a une politique pour attirer les étudiants ». L'exemple est bien choisi : le nombre d'étudiants africains arrivant en Allemagne est en forte hausse, 18,5% de plus en 6 ans.

Malgré cette concurrence accrue, Jean-François Lancelot estime qu’il faut « réunir nos forces plutôt que de penser en compétition. L’idée n’est pas de se battre pour avoir le plus d’étudiants ou les meilleurs. » Selon lui la baisse d’influence de la France est due en premier lieu à la progression des universités africaines, notamment dans les pays francophones grâce au travail de l’AUF. Ces améliorations permettent aux établissements d’être plus attractifs, et ainsi de conserver les étudiants nationaux. Un chiffre vient étayer cette explication : sur le total des expatriés, les francophones sont moins nombreux puisqu’ils passent de 54% à 50%.

Les universités africaines plus attractives

Autre preuve de l’attractivité renouvelée des universités africaine, 87 188 étudiants africains ont quitté leur pays tout en restant sur le continent, « soit 20,7% de l’ensemble » explique l’étude de Campus France. Un chiffre en progression puisque cette migration intracontinentale représentait 19,9% en 2013. Autant d’arguments prouvant le dynamisme des universités africaines, en corrélation avec l’augmentation nette des publications scientifiques en provenance d’Afrique depuis une dizaine d’années.

Anthony Audureau

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