Politique

Diasporas africaines : entrepreneurs et c’est tout ?

Discussion lors d'une session au Forum des Diasporas Africaines à Paris © Marion Scappaticci (Twitter)

Le premier Forum des Diasporas africaines, organisé à Paris le 22 juin 2018, a mis l’accent sur les entrepreneurs, les starts-up et la création d’entreprise. Les chercheurs d'emploi ou universitaires étaient donc en retrait des débats.

Développer des relations avec l’Afrique, recruter des talents issus des diasporas, co-construire des projets en lien avec le continent : tels étaient les objectifs du premier Forum des Diasporas africaines, organisé à Paris le 22 juin dernier. Légitimement, le programme faisait une large place à la création d’entreprises en Afrique. Au risque de négliger les emplois salariés et, surtout, le développement de la recherche et de l’innovation technologique sur le continent.

En permanence, plus de 250 000 étudiants africains font leurs études en Europe. Entre 5 et 10 % d’entre eux se destinent à la recherche universitaire. Une partie de cette diaspora cherche à rentrer rapidement dans leur pays, ou au moins sur le continent. Mais beaucoup font face à un mur de difficultés. Ainsi, Abdoulaye Sidiki Ba, mauritanien et docteur en mécanique des matériaux de l’université de Bordeaux, nous racontait récemment sa tentative de retour en Mauritanie après son diplôme. Mais, faute de trouver un emploi dans son domaine, il est rapidement revenu en Europe. Il travaille aujourd’hui chez Framatome.

La masse des étudiants à l'université

Dans ce contexte, ne pas parler des universités est un problème, pour David Gueye, président de l’Association des Étudiants Africains de la Sorbonne, et l’un des rares orateurs du Forum directement liés à une université. À l’issue de l'« Atelier des Almuni africophiles » auquel il participait, il regrettait que l’université n’ait pas été plus au cœur des discussions : « L’enjeu est important. Les étudiants à l’université sont la masse. Il y en a beaucoup plus que dans les grandes écoles. Malheureusement, l’on n’a pas pu parler aujourd’hui des enjeux du retour au pays par exemple. »

Alors pourquoi un forum des diasporas africaines ne parle-t-il pas de ces questions, quand la recherche est un fondement essentiel de l’innovation, et donc aussi de l’entreprenariat ?

Un oubli assumé

Jean-Louis Guigou, président de l'Institut de Prospective Economique du monde Méditerranéen (IPEMED), organisateur de l’événement reconnaît avoir fait l’impasse : « Il est vrai que je ne touche pas assez le monde scientifique. Mais nous allons le toucher. » L’IPEMED veut se calquer sur le modèle de coopération entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, pour créer des « verticales » géographiques. « Ces verticales Europe-Méditérrannée-Afrique regrouperont les meilleurs experts, et donc les meilleurs scientifiques, sur des spécialités, explique Jean-Louis Guigou. Il y aura par exemple la verticale de l’eau, celle de l’énergie, ou encore de la santé. »

L’IPEMED, après s’être consacré à l’économie pour « rapprocher les deux bords de la Méditerranée », va donc s’intéresser de plus près à la science dans les mois et années à venir. La prochaine édition devrait donc faire une place au monde scientifique assure Jean-Louis Guigou. En attendant, les étudiants en écoles d’ingénieurs ou de commerce ont pu trouver chaussure à leur pied pendant ce Forum, avec des jobs dating et plusieurs réseaux d’entraide.

Anthony Audureau

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