Politique

Une terre d'opportunité : les promesses de la recherche africaine

Daniel Nyanganyura, du Conseil International de la Science (à gauche), et Quarraisha Abdool-Karim, de l'université du Kwazulu-Natal, en Afrique du Sud, ont donné un aperçu de la science d'excellence produite en Afrique lors de la session d'ouverture de la conférence YASE ©Afriscitech/Rémy Gabalda

La première conférence consacrée aux jeunes chercheurs africains travaillant en Europe a rassemblé 200 participants à Toulouse le 6 juillet 2018.

« Quand vous pensez à l'Afrique, la voyez-vous comme un fardeau ou comme une opportunité? »

Cette question, posée par Alice Matimba du Wellcome Genome Campus, au Royaume-Uni, était au cœur de la récente conférence YASE - Young African Scientists in Europe / Jeunes chercheurs africains en Europe, qui s'est tenue à Toulouse, en France, préambule de l'EuroScience Open Forum 2018. Environ 200 jeunes chercheurs africains, qui réalisent actuellement des doctorats ou des post-doctorats dans des universités européennes, se sont réunis pour discuter des défis et des opportunités d'une carrière de chercheur en Afrique.

Utiliser sa formation pour le bien de tous

La conférencière qui a ouvert la journée, Quarraisha Abdool Karim, de l'université du Kwazulu-Natal, en Afrique du Sud, a étudié aux Etats-Unis avant de revenir dans son pays, où elle est aujourd'hui l'un des leaders mondiaux de la recherche sur le VIH / SIDA. Elle a insisté sur la responsabilité des chercheurs africains formés à l'étranger d'utiliser cette formation pour le bien de tous.

« Se former hors de l'Afrique est un privilège, a-t-elle déclaré à l'auditoire. Ce que nous en faisons compte. Nous devons être des leaders mondiaux dans la recherche à propos de problématiques africaines tel que le VIH. »

Réseaux et opportunités

Tout au long de la journée, la conférence a permis d'entendre des décideurs politiques, des chercheurs et des personnes travaillant dans des institutions soutenant la recherche africaine de diverses manières. Les jeunes chercheurs ont découvert des opportunités des réseaux universitaires et ont eu de nombreuses occasions de se rencontrer et de comparer leurs expériences.

Luc Allemand d'Afriscitech.com, qui a organisé la conférence YASE, a déclaré qu'il espérait que ce serait une opportunité pour les jeunes chercheurs d'établir des liens entre eux et avec des personnes qui pourraient fournir des opportunités de travail en Afrique.

«Cette réunion a pour but de réunir les jeunes africains qui font de la recherche en Europe, afin qu'ils discutent de leurs défis communs et qu'ils partagent sur les opportunités. Nous voulons construire une communauté de chercheurs enthousiastes à l'idée de retourner un jour en Afrique », explique-t-il.

L'Afrique, puissance de recherche

Mamadou Kaba Traoré, de l'université Clermont-Auvergne, en France, a expliqué aux jeunes chercheurs qu'ils doivent établir des relations personnelles et de confiance avec leurs collègues scientifiques, avec les responsables administratifs et avec les responsables politiques afin de développer leur carrière et de construire les infrastructures dont ils ont besoin.

De nombreux intervenants ont évoqué l'importance et la valeur de la transformation de l'Afrique en une puissance de recherche. On a discuté de la mise en place de systèmes et d'infrastructures, mais presque tous les intervenants ont insisté sur le pouvoir qu'ont les chercheurs qui sont en Europe de façonner la recherche africaine à travers leurs connaissances, leurs connexions et leurs compétences.

Comprendre les problèmes locaux

« Que pouvez-vous faire en tant que scientifique africain ayant une expérience européenne? a demandé A. Matimba à propos des opportunités pour les scientifiques africains de faire la différence. Donnez de votre temps et de votre capacité intellectuelle. Apportez votre connaissance des systèmes de recherche mondiaux et appliquez-la à votre compréhension des problèmes locaux. »

Elle a également souligné l'importance de construire des réseaux partout où c'est possible, et de former des jeunes, en tant que chercheur chevronné : « Le mentorat est si important pour la recherche africaine. Soyez des héraults de la recherche pour l'Afrique et aidez à construire des structures durables. »

Science et technologie pour le développement

Un autre thème de la journée a été la nécessité de faire fonctionner la science pour l'Afrique. Le vice-ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique pour les Affaires Universitaires d'Égypte, Amr Adly, a rappelé à l'auditoire que la politique de recherche doit être guidée par les priorités économiques et sectorielles. De même, Marie-Monique Rasoazananera, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de Madagascar, a déclaré que la technologie est un outil qui doit être correctement utilisé pour le développement. « La technologie n'appartient à personne, c'est un outil, a-t-elle dit. Elle est toujours utile, mais nous avons juste besoin de l'utiliser pour résoudre nos propres problèmes. »

En fin de compte, la journée a porté sur les gens, les jeunes scientifiques et les opportunités qu'ils ont de faire la différence dans la recherche africaine. Comme l'a dit l'un des intervenants : « Il ne s'agit pas de science, mais de scientifiques. Ce sont eux notre plus grande ressource. »

Paul Kennedy, Science Link pour Afriscitech.com

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