L’extinction de plantes accélérée par l’agriculture

Un cactus Euphorbia ingens en Afrique du Sud ©Wikipedia

Le dérèglement climatique entraîne la disparition de nombreuses espèces animales et végétales. Pour autant, il ne doit pas servir d'excuse quand les activités humaines sont en cause.

Les plantes aussi peuvent être en voie de disparition. Si la lutte contre ces extinctions est moins médiatique que pour le monde animal, elle n’en demeure pas moins essentielle pour le maintien de la biodiversité.

Pour les sauver, encore faut-il savoir pourquoi les espèces meurent. Ainsi, une étude vient de montrer qu'un cactus spécifique de l’Afrique du Sud ne disparaît pas uniquement à cause du réchauffement climatique, mais aussi à cause des activités humaines.

Une équipe de l’université de Pretoria, en Afrique du Sud, a analysé la vitesse d’extinction d’une espèce de cactus nommée Euphorbia ingens sur dix sites, disséminés dans le pays. Les résultats ont été très différents selon la localité, malgré un climat sensiblement identique. Ces résultats permettent aux scientifiques de nuancer le rôle du changement climatique : il n'est pas totalement pour rien dans la mortalité de la plante, mais il n'est largement pas le seul facteur.

Ainsi, près de Potgietersrus, au nord du pays, se trouve le site où la température a le plus augmenté sur les vingt dernières années parmi les dix étudiés. Pourtant, c'est aussi là où la mortalité d'Euphorbia ingens a été la plus faible.

L'élevage pastoral premier responsable

Les biologistes ont mis en évidence deux autres facteurs qui expliquent la régression de cette plante. L'un réside dans l’augmentation de la sensibilité des plantes à des maladies transmises par certains insectes, sous l'effet du réchauffement.

Mais le facteur principal incrimine l’agriculture. L’étude démontre que l’augmentation des zones où les agriculteurs peuvent déplacer leurs bêtes est la raison numéro un de la disparition d'Euphorbia ingens. Avec l’augmentation de ces zones, sans réelle réglementation, les bêtes ont tendance à dégrader les sols, ce qui entraîne ces fortes hausses de mortalité.

Une analyse partagée par Michel Malagnoux, membre du Comité Français Scientifique contre la Désertification : « Il faut avant tout diminuer la pression de l’agriculture pastorale ! Une gestion durable des parcours des éleveurs doit être préconisé pour qu’elle ne dépasse jamais les capacités productives de l’écosystème. »

Cette volonté de réduire la « pression pastorale » vient nuancer diverses publications scientifiques qui démontrent les bienfaits économiques et écologiques (y compris pour la biodiversité) du pastoralisme.

Bien que les auteurs ne demandent pas son arrêt, une réglementation plus poussée semble nécessaire pour la survie du cactus. Mais cette décision pourrait se révéler difficile à prendre pour les pouvoirs publics. Depuis trois ans, plusieurs programmes de développement de l’élevage pastoral ont en effet vu le jour en Afrique du Sud.

Anthony Audureau

Référence : J. Van der Linde et al., South African Journal of Botany, 111, 144, 2017.

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