Raissa Malu

Oh Kinshasa !

Circuler dans Kinshasa permet de (re)découvrir ses merveilles.

Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, a beau être ma ville, je la connais si peu. A ce propos, je suis toujours amusée de l’étonnement et du désespoir que je suscite chez mes interlocuteurs qui pour me donner une adresse, me donnent des références qui ne me disent en général rien ! Parce que c’est comme cela ici, on ne vous donne pas de prime abord une adresse avec une rue et un numéro, mais une référence (un batîment, un arrêt, etc.) proche du lieu et supposée connue de tous (sauf de moi). L’excuse que je donne alors en riant est que « la distraction chez nous est une histoire de famille ! » 😉

Cette ignorance (ou amnésie) me permet, lorsque je suis mentalement disposée, de regarder ces rues, ces bâtiments, ces lieux et paysages supposés connus, les yeux emplis d’étonnement et d’émerveillement. J’essaie alors de me souvenir à quoi cela ressemblait à l’époque quand j’étais petite et que je parcourais ces rues à l’arrière de la voiture, mon père ou ma mère au volant.

La ville des monts

C’est ce qui m’est arrivé ce matin quand je faisais un tour de visite des chantiers des laboratoires scientifiques que le projet que je dirige rénove dans 5 écoles de la ville. Pour ceux qui connaissent Kinshasa, je me dirigeais vers le Mont-Ngaliema. Kinshasa est une ville parsemée de monts (ne me demandez pas combien) : Mont-Amba, Mont-Ngaliema, etc.

La veille, j’étais dans la plaine, à Lemba, et la visite s’était mal passée. La journée était pluvieuse et les rues étaient crasseuses. Pire, les chantiers des écoles visitées n’étaient pas au stade où ils devraient être selon le planning. Je n’étais pas dans la disposition d’esprit me permettant d’apprécier mon environnement.

Heureusement, nous sommes passés par l’Échangeur de Limete le Monument emblématique de Kinshasa (avec le Robot Roulage, le Palais du Peuple et le Stade des Martyrs). J’aime beaucoup ce bâtiment, même dans l’état. Sa vue me donne du réconfort comme un phare dans la nuit...

Limete

(photo : Mr Kabwende)

 

Le secteur de CHANIC

Ce matin, pour mon deuxième jour de visite de chantiers, en allant au Mont-Ngaliema, nous sommes passés sur le site de ce fleuron de l’économie congolaise (du moins à l’époque, je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui), la société CHANIC spécialisée dans les constructions métalliques avec son symbole, le célèbre éléphant à défense.

Elephant

 

Vous savez bien, il faut quitter les principales artères pour tomber sur des chefs d’œuvres. Ainsi, au détour d’une rue intérieure, nous sommes tombés sur la première chapelle de Léopoldville (ancien nom de Kinshasa) construite en 1891 (au XIXe siècle) !

Chapelle

 

En face de cette petite chapelle, il y a ce que j’imagine être une résidence officielle, probablement des dirigeants de la société CHANIC, dans un style de l’époque coloniale avec un jardin et des arbres probablement centenaires, un bijou ! Il y avait un beau soleil et les couleurs étaient chatoyantes. On avait l’impression que la nature et les bâtiments voulaient vous raconter une histoire, une autre histoire.

Plaque

 

Brazzaville, de l'autre côté du fleuve

Mais nous sommes vite passés et cinquante mètres plus loin, nous sommes retombés sur cette réalité bien connue de Kinshasa, les badauds, la saleté, la misère… Nous avons continué la route en longeant un court instant le Majestueux Fleuve Congo. Lorsque l’on regarde en face les rives de Brazzaville, la capitale de la République du Congo (eh oui, Kinshasa et Brazzaville sont les deux capitales les plus proches au monde), on s’étonne qu’il s’agisse d’un autre pays. A ce moment-là, on repense à l’histoire qu’aurait voulu nous raconter le lieu que nous venions de traverser.

Le nez collé à la vitre, la voiture a bifurqué à gauche pour entamer la montée en longeant le site du Théâtre des Verdures. Quel bien bel endroit ! En l’observant à travers la grille, on ne peut s’empêcher de penser à la glorieuse époque du Zaïre avec le Maréchal Mobutu. En passant devant la Cité de l’OUA, on pense à l’actuel Président Félix Tshisekedi. C’est fou comme passé et présent coexistent en ces lieux !

Des chantiers qui avancent

Et puis, à nouveau, on retombe dans la masse, dans la cohue et le joyeux désordre d’une ville africaine de plus de 10 millions d’habitants. Enfin, nous sommes arrivés à l’école et là, alléluia, les travaux des deux laboratoires scientifiques sont terminés (j’ai quand même découvert un souci, il y a toujours un détail qui cloche. Soupir). Mais l’entreprise a fait du bon travail. Ils vont même terminer dans les temps la bibliothèque que nous avions obtenue pour l’école. Que demander de plus ? 😊

Nous sommes redescendus, j’ai effectué la visite de l’autre école et je suis rentrée au bureau l’esprit préoccupé par la solution à apporter au problème rencontré. Je ne regardais plus vraiment le paysage. Je ne voyais plus le merveilleux. J’étais revenue à la dure réalité de la vie. Mais en arrivant au bureau, j’ai eu envie de vous raconter un petit bout de ma Kinshasa, cette ville qui fait peur, mais qui suscite aussi l’espoir. Une ville où, comme on dit ici, tout est possible !

P.S.: S'il y a des inexactitudes dans ce texte à propos de Kinshasa, venant de moi, c'est tout à fait normal! C'est la Kinshasa de mon esprit. 😉

Ce buillet a d'abord été publié sur LinkedIn.

 

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