Raissa Malu

Jamais sans elles!

Ce jeudi 21 novembre 2019, je participais à Dakar à la 10e édition des Prix Jeunes Talents pour l’Afrique subsaharienne du programme For Women In Science de la Fondation L’Oréal avec l’UNESCO.

J’y étais en ma qualité d’ambassadrice du Next Einstein Forum pour la République Démocratique du Congo (RDC) et parce que la Fondation L’Oréal (tout comme l’UNESCO) est un des sponsors de la Semaine de la Science et des Technologies. Mais aussi (ou surtout 😉), j’y étais parce que l’une des lauréates est congolaise.

La lauréate congolaise

Il s’agit de Carine Kunsevi-Kilola, doctorante au département d’immunologie de la Faculté de Médecine de l’université Stellenbosch en Afrique du Sud. Ses travaux de recherche se résument ainsi : « Déterminer l'association entre la tuberculose et le diabète dans les poumons de patients diabétiques. » Tout un programme.

Vous n’en comprenez pas la portée ? Eh ben, moi non plus ! je dis toujours à mes étudiant(e)s que les études de physique et mathématiques sont bien plus faciles que la médecine 😉.

Une histoire personnelle

J’ai rencontré Carine le jeudi matin à l’hôtel où nous étions tous logés et où devait se dérouler la soirée. C’est mon ami Jonathan Mboyo Esole, le Next Einstein Forum Fellow de la RDC, qui nous a présentées. Nous nous sommes assises à une table et tout en dégustant notre petit-déjeuner, elle m’a raconté son histoire.

La chose qui m’a tout de suite frappée, c’est la similitude de son histoire avec celles de mes deux amies, Sandrine Mubenga Ngalula et Clarisse Falanga, deux autres brillantes femmes scientifiques congolaises. Comme elles deux, c’est un drame personnel qui a motivé le choix de sa spécialité. L’une des sœurs de Carine était atteinte de la tuberculose, elle a alors choisi de s’intéresser à cette maladie.

Apprendre à sortir du lot

L’autre fait marquant de son histoire est le nombre de fois qu’elle a postulé pour finalement recevoir ce prix. Quatre tentatives consécutives (chaque année depuis 2016). Quelle détermination ! Et savez-vous pourquoi cela a marchér cette année ? Parce que cette fois-ci, Carine a été coachée par un professeur (une femme) de son université. Le défaut de son dossier est qu'elle ne mettait pas suffisamment en avant ses qualités et les autres activités pertinentes (comme les engagements dans la communauté) auxquelles elle avait volontairement participé. Elle se limitait à détailler son parcours académique et ses travaux de recherche. Leçon à retenir : Il est important d’apprendre à sortir du lot

Carine est aussi maman d’un petit garçon, et le père de Carine était là à Dakar pour la soutenir et l’encourager. C’est ainsi une femme souriante, heureuse et reconnaissante que j’ai découverte. Un vrai bonheur. P.S. : Carine Kunsevi-Kilola a fait ses études secondaires au Lycée Kabambare de Kinshasa. Bravo aussi à cette école qui fait partie des meilleures de la capitale. 😉

Le programme For Women in Science

La soirée de remise des prix a débuté par la vidéo suivante de présentation du programme For Women In Science.

Je ne sais pas pour vous, mais moi quand je regarde cette vidéo, je me sens pousser des ailes. La musique, le texte, les images, tout me dit que tout est possible pour nous les femmes, pour nous l’Afrique et pour nous le monde. Et ce slogan adapté pour l’occasion : « L’Afrique a besoin de science, la science a besoin des femmes. » Ouah!

Pas assez de chercheurs (et de chercheuses) en Afrique

Certains trouveront peut-être que nous exagérons, n’est-ce pas ? Dans son discours d’ouverture, Alexandra Palt, Vice-Présidente exécutive de la Fondation L’Oréal, a rappelé quelques chiffres. Selon l’UNESCO, en 2018, il n'y avait que 2,4% de scientifiques africains parmi les chercheurs du monde, dont à peine 30% de femmes. Trouvez-vous encore que nous exagérons ? Pour saisir l'étendue du problème (et voir les opportunités), je vous invite à découvrir cet outil développé par l’Institut de Statistique de l’UNESCO (ISU) : Données pour les Objectifs de développement durable - http://uis.unesco.org.

En République Démocratique du Congo, en 2015 (la seule année où les données sont disponibles ☹), il y avait environ 10 chercheurs (en équivalent temps-plein) par million d’habitants, dont seulement 10% de femmes. En comparaison, en Afrique du Sud, la même année, on comptait environ 473 chercheurs par million d’habitants, dont 44% de femmes.

Une autre statistique intéressante (même si elle est déprimante au premier regard) est le pourcentage de chercheurs par secteurs d’emploi. Dans l’image suivante, j’ai repris les données de la Chine, de l’Afrique du Sud et de la RDC. Le secteur privé en RDC n'emploie tout simplement pas nos chercheurs et nous n'avons pas assez d’universités et de centres de recherche (bien cotés). Interpellant, n’est-ce pas ? En Chine et en Afrique du Sud, remarquez la part des emplois par l’État ...

Chercheurs par secteur demploi

La recherche, pour le développement

La Recherche et Développement (R&D) ainsi que l’innovation sont importantes pour la croissance de nos entreprises et le développement socio-économique de nos nations (en Afrique et en République Démocratique du Congo aussi!). Et comme Alexandra Palt le dit si bien : « si le niveau de développement économique et la croissance démographique des pays d’Afrique subsaharienne sont sans précédent, il ne faut pas oublier qu’ils doivent encore faire face à des défis de taille : dérèglement climatique, pauvreté, accès inégal à l’éducation et rareté des ressources. Dans ce contexte, la contribution des femmes scientifiques s'avérera cruciale pour la réalisation d'une recherche inclusive, capable de traiter ces problèmes majeurs. » Oui, la République Démocratique du Congo, l’Afrique et le monde ont besoin des sciences, et les Sciences ont définitivement besoin des Femmes.

Pour terminer, je voudrais vous raconter l’un des moments phares de la soirée, le discours de la Première Dame de la République Démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, qui a honoré de sa présence cette soirée de remise des prix. Notre Première Dame a littéralement charmé l’audience. Les femmes autour de moi me disaient que nous avions de la chance d’avoir une Première Dame comme elle, qu’elle semblait accueillante, simple, ouverte, accessible 😊. De plus, elle soutient l’initiative STEMDRC de Sandrine Mubenga Ngalula et les Femmes dans les STEM. Qui dit mieux ? 😉

Oui, Jonathan, Carine et moi étions heureux et fiers d’avoir la Première Dame à cette soirée. Nous étions fiers ensemble de représenter notre pays, la République Démocratique du Congo.

Science is fun, join us ! 😊

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