Jeunes chercheurs

Quarraisha Abdool Karim : « Je travaille en Afrique sur le sida parce que c’est un énorme problème chez nous »

Qui êtes-vous ?

Mon nom est Quarraisha Abdool-Karim. Je suis directrice scientifique associée du Centre pour le programme de recherche sur le SIDA en Afrique du Sud (CAPRISA).

Sur quoi travaillez-vous ?

À CAPRISA, nous nous concentrons sur le VIH-sida. Nous essayons de répondre à deux questions principales. Comment prévenir l'infection à VIH chez les jeunes femmes ? Et comment empêcher les gens de mourir de la co-infection VIH/tuberculose ? Dans le contexte de l'épidémie de VIH en Afrique, le plus grand défi auquel nous sommes confrontés en termes de prévention est le taux élevé d'infection chez les adolescentes et les jeunes femmes.

Pourquoi est-il important pour vous de travailler en Afrique ?

On trouve le VIH partout dans le monde. Mais 70 % des infections sont en Afrique. Je viens de la province du Kwazulu-Natal, en Afrique du Sud, où l'épidémie est particulièrement grave. Je travaille donc sur le sida non seulement parce qu'il s'agit d'un problème mondial, mais aussi parce que c'est un problème auquel nous sommes confrontés là où je vis. Dans de nombreuses communautés, à l'âge de 16 ans, une femme sur dix est déjà infectée par le VIH. A 20 ans, c'est une sur trois. À 25 ans, c'est une sur deux. Et en Afrique, environ 35 % de la population a moins de 35 ans. L'une de nos grandes préoccupations, c'est que le VIH commence à avoir un impact sur la population à un très jeune âge, et sur une population très jeune. Cela aura donc de nombreuses conséquences, au-delà de la santé, sur ce que les gens seront capables de faire. Nous devrions être en mesure de garantir que ces jeunes pourront réaliser leur potentiel et apporter leurs contributions à la société dans tous les aspects de la vie.

Que devraient faire les Africains pour que les jeunes chercheurs rentrent ?

D’abord, les gouvernements africains doivent investir davantage dans la science. Ensuite, Lorsqu’un scientifique africain part ailleurs pour étudier, c'est une grande chance. Parce que nous apprenons les choses d'une manière différente, et que nous apprenons de nouvelles choses. Mais c'est un privilège. Et nous devons, en tant que privilégiés, nous sentir responsables de revenir en Afrique et de faire une différence. Mais je pense qu'il faut que cela vienne de chacun. Les gouvernements peuvent rendre l’environnement plus favorable. Et nous n'accordons pas assez d'importance à la science. Notre capacité à transformer l'Afrique dépend en grande partie du passage d'une économie fondée sur les ressources à une économie fondée sur le savoir. Une économie fondée sur le savoir nécessite d’investir dans la science, d’investir dans la production de savoir. Si les Africains peuvent développer leur curiosité, utiliser la science pour provoquer des changementet avoir un soutien politique, alors nous aurons une bonne recette pour avancer de manière constructive.

Propos recueillis par Jean-Bruno Tagne

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