Jeunes chercheurs

Marco Komé : « Ce qui bloque le retour au Cameroun, c’est de trouver un emploi sûr »

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Marco Komé. Je suis en troisième année de doctorat. Ma problématique c’est la sécurité et les problèmes d’authentification dans le domaine des objets connectés. Je suis Camerounais et ça fait 12 ans que je suis là.

Pourquoi participez-vous à la conférence YASE ?

YASE, on va dire que c’était une opportunité de me reconnecter avec les problématiques du continent. J’ai vu passer l’annonce et je me suis dit : « Pourquoi pas ? ». Parce que le doctorat c’est très vite enfermé et j’avais besoin de m’ouvrir un peu. Ce que j’aime beaucoup dans l’idée c’est que c’est panafricain.

Avez-vous besoin d’une motivation particulière pour retourner travailler en Afrique ?

Normalement je ne devrais pas en avoir une, parce que c’est l’appel du coeur. Mais avec les générations qui nous ont précédés, qui sont venues étudier en Europe, l’argument principal, c’est la sécurité de l’emploi. Parce qu’on a tous envie de rendre service, d’une façon ou d’une autre. La preuve c’est le flux d’argent qui montre que les Africains participent beaucoup à l’économie de leurs pays respectifs, le pays d’origine. C’est la sécurité de l’emploi l’argument principal. Parce que des projets, il y en a beaucoup.

Quels sont les autres obstacles qui empêchent les chercheurs africains de retourner dans leurs pays ?

Au-delà de l’emploi, je pense que c’est l’information. Je pensais que ce n’était que mon cas, mais cette première partie de la conférence m’a montré que c’est une inquiétude qui est partagée par tout le monde. Il manque beaucoup d’information. On est séparé de la maison, et on a besoin d’être sûr avant de rentrer, donc on cherche des informations. Et le téléphone ne suffit pas. On est habitué à chercher de l’emploi, d’abord en prospectant, en se renseignant sur les entreprises, quand on est ici en Europe. Déjà pour partir de l’Europe pour l’Amérique on commence comme ça avec Internet, ensuite on peaufine avec les contacts qu’on a sur le terrain. Ce n’est pas pareil en Afrique, plus particulièrement au Cameroun. Il n’y a pas d’information. On entend juste : « il y a des postes ». Mais on n’a pas l’impression que c’est concret. Et avec les mauvaises expériences de nos aînés, on n’y croit pas trop.

Que faudrait-il mettre en place pour permettre aux chercheurs africains de revenir sur le continent ?

Les écouter. Je pense que c’est la base de tout. Je pense toujours à mon statut, je pense toujours à mes aînés. Ils me disent :« Tu fais un doctorat, en plus tu es jeune, ici les docteurs sont vieux. » Je n’ai pas l’impression qu’on écoute beaucoup la jeunesse en Afrique. C’est : « Attends ton temps, ton temps viendra, et en ton temps tu feras ce que tu veux. » Mais en attendant, c’est les vieux d’abord. Je pense que la jeunesse est porteuse de beaucoup d’idées fraîches, neuves. Commencer par les écouter, ça rassure beaucoup.

Propos recueillis par Jean-Bruno Tagne

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