Jeunes chercheurs

Arthur Zang : « Il faudrait que les chercheurs africains travaillent plus sur des problématiques africaines »

Qui êtes-vous ?

Je suis Arthur Zang. Je suis ingénieur et chercheur camerounais. Je suis également entrepreneur. J’étais surtout ici en France pour recevoir un prix de la Fondation Pierre Fabre qui chaque année lance une compétition que l’on appelle compétition du prix ODES (Observatoire de la e-santé) qui répertorie les meilleurs projets en Afrique et qui ont un réel impact sur la vie des populations. Il se trouve qu’avec mon entreprise Himore Medical, nous avons mis sur pied un programme de santé au Cameroun qu’on appelle Africa Cardiac Care. Il permet aux patients de s’abonner à hauteur de 28 000 francs CFA afin de bénéficier d’un nombre illimité d’examens cardiaques, de tension artérielle et de glycémie dans tous les centres de santé où ce programme est implanté. Donc c’est surtout pour ça que je suis venu ici. Et j’ai profité de participer à des conférences dans lesquelles on m’avait invité comme la conférence YASE, qui adresse les problématiques de la recherche en Afrique.

De quelles problématiques s’agit-il ?

Il existe beaucoup d’enjeux, en Afrique, concernant la recherche. Le premier enjeu c’est la formation. Il faut que les chercheurs africains soient de mieux en mieux formés. Qu’ils puissent effectuer des recherches qui portent réellement sur des problématiques africaines, qui s’inscrivent dans le contexte africain, afin de résoudre les problèmes qui se posent chez nous en Afrique. Il faudrait également que ces chercheurs là puissent avoir beaucoup plus de compétences dans les domaines de pointe. On constate qu’il y a encore beaucoup de légèreté dans les sujets de recherche qui sont traités en Afrique. Cela est lié au problème du financement, qui est le deuxième enjeu dans la formation en Afrique. Parce que très souvent, on remarque que les sujets de recherche ne sont pas des sujets choisis par les chercheurs en Afrique. Très souvent ils sont imposés par les institutions de financement. Qui décident déjà des sujets avant d’allouer les financements. Ça cause vraiment beaucoup de problèmes. Bien sûr il y a également l’enjeu de la collaboration, de la standardisation, qui demande aux chercheurs africains de relever leur niveau afin de pouvoir faire des recherches qui s’inscrivent au même niveau de compétence que les autres, afin que ces recherches puissent être exportées dans d’autres pays.

Comment peut-on inciter les jeunes chercheurs africains à rentrer en Afrique ?

Le phénomène des jeunes chercheurs africains qui font des sujets de recherche en Europe et qui restent après leur diplôme de chercheur est dû à plusieurs facteurs. La première chose est qu’il y a beaucoup plus de moyens alloués à la recherche en Europe qu’en Afrique. Ça veut dire que le chercheur qui termine son cycle sera nettement mieux rémunéré qu’un chercheur africain. Il y a également l’environnement de travail, c’est-à-dire qu’il aura beaucoup plus de ressources, déjà de la ressource intellectuelle. Il aura beaucoup plus à sa proximité des spécialistes qui pourront l’aider soit à boucler son sujet, soit à trouver des financements. Et également il y a ce problème lié à l’évolution sur le plan intellectuel. Il y a encore beaucoup de lenteurs en Afrique, au niveau de la recherche. Déjà l’acceptation de différents sujets de recherche, l’évolution de ces chercheurs. Le temps que vous allez mettre en Occident pour boucler votre thèse de doctorat ne sera pas le même en Afrique, donc votre salaire ne sera pas le même. Voilà les différents facteurs qui vont pousser les chercheurs à rester en Europe au lieu de retourner sur leur continent. La deuxième chose c’est qu’il y a un sentiment de peur dû au problème de sécurité qu’on vit également en Afrique. Le fait de ne pas être sûr de pouvoir s’insérer, parce que pour pouvoir être recruté en tant que chercheur ou enseignant, en Afrique, avec un diplôme qu’on a obtenu à l’extérieur, ce n’est pas quelque chose de facile. Ca prend souvent du temps. Et également tout ce qui est lié au contexte de la recherche. Je crois qu’il faudrait améliorer l’environnement de travail des chercheurs en Afrique. Là on parle bien sûr de la rémunération du chercheur. Il faudrait qu’il y ait beaucoup plus de bourses tout simplement, il faudrait que la recherche soit subventionnée et il faudrait que l’environnement académique soit plus flexible pour que les chercheurs puissent évoluer proportionnellement à leur savoir et à leurs publications. Donc à leurs compétences réelles dans le domaine de la recherche.

Propos recueillis par Jean-Bruno Tagne

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